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Ingénieur.es

Lika CHAFFAR

Lika Chaffar, science et art se rencontrent. Étudiante ingénieure à Polytech Angers et créatrice de Galerie XR, elle transforme la peinture en expérience immersive grâce à la réalité mixte. Sa première exposition au Salon Arbustes 2024, récompensée par le Prix Révélation, marque le début d’un projet où rigueur scientifique et créativité picturale se mêlent, malgré les défis techniques et les contraintes d’études.

Pour Lika Chaffar, la science et l’art n’ont jamais évolué séparément.
Étudiante ingénieure à Polytech Angers et porteuse du projet Galerie XR, elle trace un chemin singulier entre rigueur scientifique et création picturale. Sa première exposition au Salon Arbustes 2024, où elle reçoit le Prix Révélation, agit comme un véritable déclencheur : comment permettre au public de ressentir pleinement l’univers intérieur qui précède la toile ? De cette réflexion naît Galerie XR, un projet où la peinture se prolonge en expérience immersive grâce à la réalité mixte. Malgré les défis techniques, la recherche de financements et l’équilibre avec ses études, Lika persévère, affine sa vision et continue d’avancer.

Lika a participé au concours Pépite Pitch en novembre 2025.

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1. Peux-tu te présenter en quelques mots ?

Je développe des œuvres picturales immersives qui prolongent la peinture physique en expérience de réalité mixte. Concrètement, je crée une œuvre exposée dans un espace réel qui devient, grâce à des lunettes immersives, un portail vers un univers tridimensionnel inspiré de la peinture. Le spectateur ne regarde plus seulement l’œuvre : il y entre. Je m’adresse aux galeries, centres d’art, institutions culturelles et festivals numériques qui souhaitent proposer une nouvelle forme de médiation artistique, ainsi qu’à un public curieux d’expériences immersives et sensibles.

2. Quel a été ton chemin jusqu’à aujourd’hui ?

Aujourd’hui, je suis en deuxième année de cycle ingénieur en génie biologique et santé à Polytech Angers (bac+4). Mon parcours est fortement ancré dans les sciences, un domaine qui m’a toujours attirée pour sa rigueur, sa logique et sa capacité à comprendre le vivant.

À première vue, cela peut sembler éloigné de mon projet artistique. Pourtant, l’art pictural fait partie de ma vie depuis l’enfance. C’est une dimension essentielle de mon identité. J’ai toujours dessiné et peint, parallèlement à mes études scientifiques, comme une exploration complémentaire : d’un côté l’analyse, de l’autre l’expression sensible. Un moment décisif a eu lieu l’année dernière lorsque j’ai participé à la galerie du Salon Arbustes 2024. C’était la première fois que je présentais une de mes toiles dans un cadre public structuré. À ma grande surprise, j’ai remporté le Prix Révélation. Cette reconnaissance dès ma première exposition a marqué un tournant : elle m’a donné la légitimité d’envisager mon travail artistique comme un véritable
projet à développer.

Lors de cette exposition, une question m’a profondément interpellée. Beaucoup de visiteurs me demandaient ce que mes œuvres “voulaient dire”, cherchant une explication. D’autres se contentaient de regarder quelques secondes avant de passer à la suivante. Ce contraste m’a fait réfléchir : comment transmettre plus intensément l’univers intérieur qui précède la toile ? Comment permettre au public de vivre l’expérience, plutôt que d’en chercher simplement le sens ?

C’est à partir de ce questionnement qu’est née l’idée de prolonger mes peintures dans un espace immersif. Mon parcours scientifique m’a alors semblé moins éloigné. qu’il n’y paraissait : il m’offre aujourd’hui une manière structurée d’aborder la technologie et d’imaginer un dispositif innovant au service de l’expérience artistique.

 3. Quand tu étais enfant, tu rêvais de devenir quoi ?

Quand j’étais enfant, je rêvais d’explorer des mondes invisibles.
Au début, je voulais devenir médecin. Le corps humain me fascinait : je voyais en lui un univers immense, complexe, presque infini. J’étais impressionnée par tout ce qui existait à une échelle que l’on ne perçoit pas directement.


Plus tard, j’ai voulu devenir astronaute. Là encore, c’était la même logique :
comprendre ce qui dépasse notre regard, découvrir ce qui est encore inconnu, explorer l’immensité. Avec le temps, j’ai compris que ce qui me fascinait réellement n’était pas un métier en particulier, mais l’idée d’exploration. Explorer l’invisible. Explorer des mondes qui existent mais que l’on ne voit pas immédiatement. Aujourd’hui, il y a un lien très clair avec ce que je fais. Au lieu d’explorer l’intérieur du corps ou l’immensité de l’univers, je cherche à explorer et à faire explorer un autre type de monde : l’univers intérieur de la création artistique.


Mon projet est né de cette continuité. Je me suis posé une question simple :
pourquoi chercher des mondes ailleurs si je peux aussi donner forme à ceux qui existent en moi ? Pourquoi ne pas permettre aux autres d’y entrer ?
Finalement, mon rêve d’enfant n’a pas changé. Il s’est transformé. Je n’explore plus l’espace ou le corps humain même si c’est à moitié vrai en
regardant mes études supérieures. Mais la vérité c’est le fait que je vise à construire des espaces sensibles que d’autres peuvent explorer à la finale.

4. Comment s’est passée ta scolarité ?

Honnêtement, je fais face à beaucoup d’obstacles. Chaque année est un défi. Je réussis mes études, mais au fond de moi j’ai toujours cette envie d’être meilleure, d’aller au-delà de mon niveau actuel. Je ne veux pas seulement “tenir”, je veux progresser. Avoir un double profil rend les choses plus complexes. Je dois me concentrer à la fois sur mes études d’ingénieur, sur mes œuvres picturales, et maintenant sur le développement d’un projet artistique immersif ambitieux. Cela demande beaucoup d’organisation et parfois des sacrifices.

Il y a des moments de fatigue et de doute, bien sûr. Mais en même temps, je me dis que si j’ai réussi à avancer jusqu’à aujourd’hui, malgré la charge et les exigences, alors je peux continuer. Chaque étape franchie me prouve que je suis capable de construire quelque chose de plus grand.

5. Quelles ont été tes passions et influences ?

Pour être honnête, il m’arrive souvent de peindre pendant des heures la nuit, complètement absorbée dans mon propre univers. Je perds la notion du temps sans m’en rendre compte. Ce n’est qu’au moment où mon dos me fait mal ou lorsque j’arrête la musique que je réalise combien d’heures ont passé.
Parfois, le silence de la maison me surprend. Toute ma famille dort déjà, et moi je suis encore devant ma toile. Je regarde l’heure et il est 2h du matin. À ce moment-là, je prends conscience que je me suis laissé emporter. Cela m’arrive encore aujourd’hui. Quand je crée, le temps disparaît presque totalement et c’est suffisant pour moi en tant que motivation et encouragements pour continuer à réaliser mon objectif.

6. Quel a été le déclic pour te lancer ? 

Le déclic est venu lors de ma première exposition, au Salon Arbustes 2024. C’était la première fois que je présentais mes toiles dans un cadre public. J’ai même remporté le Prix Révélation, ce qui a été un vrai encouragement.

Mais au-delà du prix, c’est surtout ce que j’ai observé ce jour-là qui m’a marquée.Beaucoup de visiteurs me demandaient ce que mes œuvres signifiaient. Certains cherchaient une explication précise, presque une “clé de lecture”. D’autres regardaient quelques secondes puis passaient à autre chose. Je me suis rendu compte qu’il y avait un écart entre ce que je vivais en créant mes peintures et ce que le public pouvait en percevoir.

Quand je peins, je suis plongée dans un univers très immersif, presque comme si j’entrais dans un monde. Or, face à la toile, le spectateur n’a accès qu’à une surface. C’est à ce moment-là que je me suis posé une question simple : et si je n’avais plus besoin d’expliquer ? Et si je pouvais permettre aux gens d’entrer dans cet univers au lieu de le leur décrire ?

7. Quel problème voulais-tu résoudre ?

Je voulais répondre à une forme de passivité dans la manière dont on consomme l’art. Dans beaucoup d’expositions, le spectateur regarde, interprète brièvement, puis asse à l’œuvre suivante. L’expérience reste souvent rapide, distante, presque superficielle. Mon projet cherche à transformer cette posture. Il propose une expérience où le visiteur ne se contente plus d’observer une œuvre, mais devient acteur de son exploration.

 8. Quel besoin ton projet adresse-t-il ?

Le besoin auquel je réponds est celui d’un engagement plus profond. Aujourd’hui, les publics sont habitués à des environnements interactifs, immersifs, sensoriels. Pourtant, dans le domaine de la peinture, l’expérience reste majoritairement statique. Je souhaite créer un pont entre la tradition picturale et les attentes contemporaines en matière d’expérience. Il y a aussi un besoin de renouvellement dans les institutions culturelles. Les galeries et centres d’art cherchent à proposer des formats capables d’attirer des publics plus variés et plus jeunes, sans pour autant renier l’exigence artistique. Mon projet s’inscrit dans cette dynamique : il conserve la peinture comme point de départ, mais élargit son langage grâce aux technologies immersives.

9. Où en es-tu aujourd’hui dans ton projet ?

Aujourd’hui, grâce à l’accompagnement de Pépite, je suis en pleine phase d’étude et de structuration du projet. J’essaie d’avancer concrètement, tout en gardant les pieds sur terre et en évaluant ce qui est réellement faisable. Je suis actuellement à la recherche d’une personne spécialisée en création 3D et en animation, capable de m’aider à concevoir un premier prototype. Les œuvres picturales existent déjà, mais il faut désormais leur donner une dimension immersive et numérique.
Je cherche également des solutions de financement pour développer ce premier prototype, notamment pour acquérir le matériel nécessaire, comme des lunettes de réalité mixte et les outils techniques associés.

10. Quels ont été tes plus grands défis et comment as-tu rebondi ?

Je peux dire que je suis encore au tout début du chemin. Le projet est en train de prendre forme, mais il reste beaucoup à construire.
Ce qui est le plus difficile pour l’instant, c’est de trouver un équilibre entre le développement de ce projet et mes études universitaires. Les deux demandent du temps, de l’énergie et de la concentration. Apprendre à gérer cette double exigence est un vrai défi au quotidien.

11. Quelle est ta plus grande fierté aujourd’hui ?

Que j’ai pu tenir jusqu’à présent sans abandonner.

12. Si tu pouvais revenir en arrière, quel conseil te donnerais-tu ?

Je ne suis pas sûre que je me donnerais un conseil en revenant en arrière. J’ai souvent avancé sans trop réfléchir, un peu à l’instinct. Et quelque part, c’est ce qui m’a permis d’oser commencer. En réalité, j’ai plutôt envie d’adresser un message à la version future de moi-même qu’à celle du passé. Parce que la moi d’aujourd’hui sera un jour le passé de quelqu’un d’autre.
Je lui dirais : tu vas y arriver. Même si tu as douté, même si tu as eu l’impression de te décevoir parfois, tu es capable. Tu l’as toujours été. Continue. Ne lâche pas.

13. Quel message aimerais-tu transmettre aux étudiantes qui hésitent à se lancer ?

Il n’y a pas du temps pour réfléchir, faut se lancer maintenant.

13. Une ressource, une citation, un livre, un podcast ou une personnalité qui t’inspire ?

“Focus on the journey, not on arriving at a certain destination”, ça veut dire “Concentre-toi sur le chemin, pas sur l’arrivée à une destination précise” c’est
une citation du livre d’astronaute canadien Chris Handfield de son livre an astronaut’s guide to life on earth.

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