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Doctorant.e Ingénieur

Rita GHAWCHE

Certaines convictions donnent envie de changer le monde. Rita Ghawche, ingénieure, doctorante et entrepreneure, fonde la Petite Académie des Blouses Foncées pour permettre aux filles de se projeter dès l’enfance dans les sciences et l’ingénierie. Avec KATE, elle crée des ateliers ludiques pour éveiller curiosité et confiance scientifique.

Certaines convictions donnent envie de changer les choses.

Celle de Rita Ghawche, ingénieure, doctorante et aujourd’hui entrepreneure, fondatrice de la Petite Académie des Blouses Foncées, en fait partie. En choisissant le génie mécanique parce qu’on lui disait que ce n’était pas pour les filles, elle transforme très tôt un stéréotype en moteur. De son parcours entre le Liban, la France et le Canada, elle forge une conviction forte : les petites filles doivent pouvoir se projeter, dès l’enfance, dans les sciences et l’ingénierie.Avec KATE, elle imagine des ateliers ludiques pour éveiller cette confiance et cet imaginaire scientifique. Malgré les doutes et les pivots du projet, Rita persévère, ajuste et continue d’avancer.

1. Peux-tu te présenter en quelques mots ?

KATE est une série d’ateliers et de kits pédagogiques inspirés de l’histoire de Kate, une petite fille qui rêve de devenir inventrice. Les enfants apprennent en manipulant et découvrent les bases de l’ingénierie de manière ludique et accessible.

2. Quel a été ton chemin jusqu’à aujourd’hui ?

À l’âge où l’on doit décider de son avenir, j’ai choisi le génie mécanique parce qu’on disait que ce n’était pas pour les filles. Je voulais comprendre ce qu’il y avait derrière cette idée… et prouver que je pouvais le faire. En le découvrant, je suis tombée amoureuse de cet univers de création et d’innovation. J’ai obtenu mon diplôme d’ingénieure au Liban. Déjà très curieuse et animée par l’envie d’avoir un impact, je me suis ensuite spécialisée en énergies renouvelables.

Je voulais aussi découvrir le monde. C’est ainsi que j’ai décidé de poursuivre en recherche et d’entreprendre un doctorat en stockage de l’énergie renouvelable, entre la France et le Canada. Grâce à ces choix et aux conférences scientifiques, j’ai pu voyager sur quatre continents et vivre dans trois. Ces expériences m’ont permis de m’ouvrir au monde, de nourrir ma curiosité tout en évoluant dans la recherche et l’ingénierie. Durant mon séjour au Canada, j’ai participé à de nombreuses initiatives autour des filles et des sciences, ainsi qu’à des activités d’orientation auprès des jeunes, en représentant l’ingénierie. J’y ai découvert combien de filles limitent leur propre potentiel, manquent de confiance en elles et n’osent pas choisir des carrières en ingénierie. C’est pour cela qu’en revenant en France pour finaliser ma thèse, j’ai décidé d’agir en créant la Petite Académie des Blouses Foncées, dédiée aux petites filles.

3. Quand tu étais enfant, tu rêvais de devenir quoi ?

J’étais une enfant très curieuse, avec l’envie constante de découvrir le monde. Selon les jours, je voulais être maîtresse, pharmacienne, actrice, artiste… Parfois, je rêvais de construire des ponts.

En réalité, à chaque fois que je découvrais quelque chose qui me fascinait, je voulais en faire mon métier plus tard. Je ne savais pas encore que ce que j’aimais vraiment, ce n’était pas un métier en particulier…C’était comprendre, créer et explorer….

4. Comment s’est passée ta scolarité ?

J’avais de bonnes notes, sans fournir énormément d’efforts, sauf quand il fallait mémoriser. J’apprenais vite et j’étais naturellement curieuse. À côté de l’école, je faisais beaucoup d’activités : danse, piano, chorale, théâtre. Je n’ai pas forcément pu continuer tout cela sur la durée, mais ces expériences m’ont permis de ne pas craindre de prendre la parole.

L’adolescence a été plus compliquée. J’ai vécu du harcèlement, et à un moment, j’ai inconsciemment décidé de ne plus être “trop”, pour essayer d’être acceptée. J’ai ralenti, pour ne pas déranger. Mais avec le temps, j’ai compris que se diminuer pour plaire aux autres n’apporte jamais la paix. J’ai appris à me détacher du regard extérieur, et à choisir d’être moi-même, pleinement.

5. Quelles ont été tes passions et influences ?

Ma plus grande passion a toujours été, et reste encore aujourd’hui, les histoires des gens. Les parcours de celles et ceux qui sont partis de rien et ont réussi à réaliser leurs propres rêves. Les trajectoires atypiques, les chemins construits avec courage. Ces histoires m’ont profondément inspirée. En grandissant, j’ai été marquée par de nombreux récits et films, souvent américains, où les personnages créent leur propre voie, malgré les obstacles. Je suis aussi passionnée de voyage : découvrir d’autres cultures, écouter les histoires du monde, visiter des sites historiques. Voyager nourrit ma curiosité et élargit ma vision. Et puis il y a des choses plus simples, mais essentielles pour moi : la nature, le soleil… et le café

6. Quel a été le déclic pour te lancer ? 

Je ne pense pas qu’on se sente un jour prête à 100 %. J’ai simplement décidé de faire un premier petit pas, sans vouloir tout faire en même temps. Avancer progressivement m’a permis de ne pas me laisser envahir par la pression. En juin 2025, je me suis inscrite à Les Doctoriales avec ce projet, qui était encore à un stade très préliminaire. À ma surprise, quatre personnes se sont montrées intéressées pour travailler dessus. Cet intérêt m’a encouragée à continuer. On a ensuite remporté le Prix du Public, puis eu l’opportunité de participer à Starthèse 2025 pour représenter la région. J’ai également intégré le programme Starter P19. Les choses se sont enchaînées progressivement

7. Quel problème voulais-tu résoudre ?

Je voulais agir face au manque de confiance que beaucoup de petites filles développent très tôt, notamment envers les métiers scientifiques et l’ingénierie. On trouve encore peu d’histoires où celle qui invente, crée ou innove est une femme. Les petites filles se projettent donc rarement dans ces rôles. Le problème n’est pas le talent. C’est le manque de représentation.

 8. Quel besoin ton projet adresse-t-il ?

Mon projet répond à un besoin de représentation féminine positive dès l’enfance. Il propose un imaginaire différent, où une petite fille peut naturellement être celle qui invente, construit et innove.

9. Où en es-tu aujourd’hui dans ton projet ?

Aujourd’hui, je viens de terminer la formation Starter, avec un pivot vers des ateliers (au départ, le projet était centré sur des kits de jouets). Je viens également de soutenir ma thèse, ce qui m’enlève une pression importante et me permet de me consacrer davantage au projet. Cela reste le début. La première histoire, “Kate Découverte”, où Kate apprend que sa grand-mère était inventrice, est en cours de finalisation. Elle sera accompagnée d’un kit autour d’un système simple de moteurs et de piles.

L’objectif est de proposer cette première version sous forme d’atelier, que je souhaite tester prochainement dans une école à Nantes.

10. Quels ont été tes plus grands défis et comment as-tu rebondi ?

Mon plus grand défi a été de ne pas rester bloquée dans l’idée. J’ai tellement réfléchi que cela a fini par me freiner, notamment sur l’aspect financier. En rencontrant des entrepreneurs qui avaient liquidé leur entreprise et en entendant les défis mentaux que cela représente, j’ai ressenti une certaine peur de m’engager dans ce chemin. À la fin du programme Starter, j’ai pu en parler avec ma chargée d’accompagnement. Mettre des mots sur mes inquiétudes m’a aidée à prendre du recul et à ne pas me focaliser uniquement sur la peur de l’échec.

11. Quelle est ta plus grande fierté aujourd’hui ?

De ne pas avoir laissé la peur décider pour moi. D’avoir avancé malgré le doute, en écoutant ma voix intérieure et en me disant que je n’avais rien à perdre à essayer.

12. Si tu pouvais revenir en arrière, quel conseil te donnerais-tu ?

De ne pas interpréter les avis des autres comme des signes de l’univers.

13. Quel message aimerais-tu transmettre aux étudiantes qui hésitent à se lancer ?

Le monde est plein de problèmes. Si l’un d’eux te touche vraiment, c’est qu’il te parle. Peut-être qu’il fait partie de ce que tu es venue faire. Fais un premier pas. Il n’y a pas grand-chose à perdre. Souvent, on a l’impression que tout le monde nous regarde, alors qu’en réalité, chacun est concentré sur son propre chemin. Tu ne seras jamais vraiment seule. En avançant, tu rencontreras des personnes qui partagent les mêmes valeurs et la même envie d’avoir un impact.

Parle de ton idée. Le simple fait d’en parler ouvre des portes. Mais ne tombe pas amoureuse de l’idée au point de rester immobile. Ce sont les actions qui construisent la confiance, surtout quand on a peur.

14. Une ressource, une citation, un livre, un podcast ou une personnalité qui t’inspire ?

Je suis toujours inspirée par le vécu des personnes et leurs parcours de résilience. Récemment, j’ai été marquée par deux livres que j’ai lus en anglais, et qui existent aussi en français :

Can’t Hurt Me (FR : Plus rien ne pourra me blesser : Maîtrisez votre esprit et défiez le destin) de David Goggins, un récit sur la discipline, la résilience et la capacité à se reconstruire après des épreuves difficiles.

Life Without Limits (FR : La vie au-delà de toute limite) de Nick Vujicic, qui partage son parcours avec son slogan «Pas de bras. Pas de jambes. Pas de limites», et la manière dont il a transformé ses limites en force.

J’écoute aussi beaucoup de vidéos de discours motivationnels sur YouTube. Ces contenus me rappellent que l’état d’esprit est déterminant, surtout dans les moments de doute.

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