Minal est accompagnée par le Pépite, elle vient de participer à Spice Up et est lauréate du Prix du Public ! 🏆
Une femme engagée qui a créé une application innovante : « Langues matern’ELLES » pour lever les barrières linguistiques et le handicap auditif en maternité.
J’ai créé une application qui s’appelle « Langues Maternelles ». C’est une solution innovante dédiée aux maternités, utilisées par les médecins et sages-femmes. Je l’ai créé pour faciliter la communication entre les soignants et les patientes ayant une barrière linguistique ou à un handicap auditif.
Grâce à des vidéos animées multilingues, combinant des illustrations, des sous-titres en français et un audio en langues étrangères, les médecins et sages-femmes peuvent assurer une prise en charge optimale, sécurisée et fiable pour toutes leurs patiente.
Je suis actuellement en dernière année d’école de sage-femme à 38 ans ! Il s’agit d’une reconversion.
J’ai d’abord eu un master 2 en mathématiques appliquées à la finance, puis j’ai travaillé 9 ans principalement à Paris. J’ai toujours été attirée par le métier de sage-femme. Donc je me suis relancée dans les études après 30 ans pour faire un métier qui ait du sens pour moi, avec plus d’humain et moins de chiffres
Quand j’étais enfant, je rêvais de soigner ou m’occuper les enfants puis des mamans. Puis j’ai grandi et je rêvais de voyage et de devenir pilote d’avion. Finalement je suis revenue maintenant à mon rêve d’enfant étant donné que je m’occupe des femmes et de leurs bébés.
J’étais très à l’aise en mathématiques. Je comprenais très vite la logique. C’est pour ça que je me suis orientée vers des études de mathématiques. J’avais des facilités mais le contenu des cours était très théorique.
Alors que les études de sages-femmes c’est vraiment l’inverse. La formation est très professionnalisante, on est sur le terrain de stage dès le début. J’adore cette immersion complète dans le métier que je vais exercer. Les cours sont très techniques et médicaux, mais c’est vraiment nécessaire pour comprendre la physiologie et mieux prendre en charge les patientes.
Une expérience qui m’a marquée : quand j’étais enfant mes parents étaient enseignants dans les écoles françaises à l’étranger, donc j’ai vécu plus de 10 ans dans différents pays avant de venir en France.
Ce qui fait que maintenant mes passions sont cuisiner et voyager.
En stage au CHU, je voyais trop de patientes non francophones frustrées de ne pas pouvoir expliquer ou être comprise, et je voyais les soignants faire de leur mieux pour les informer ou leur poser des questions. De chaque côté, on essaye à coup de google traduction, appel à une amie, dessins sur une feuille.
Les patientes non francophones sont présentes tous les jours au CHU de Nantes. Je trouvais ça dommage de ne rien mettre en place pour gagner en efficacité, en temps et en fiabilité de traduction.
J’ai trop vu de quiproquo ou de situations où l’on se sent impuissant.
Je me suis dit que les fois où un interprète venait en consultation, je pourrais filmer l’entretien pour les prochaines patientes.
Et de fil en aiguilles, j’ai fait évoluer mon idée pour devenir des vidéos animées selon les motifs de consultations.
Je souhaite résoudre le problème d’inégalités de prise en charge entre les patientes. Mon projet s’adresse aux barrières de communication comme la barrière de la langue ou la surdité.
Aujourd’hui, je suis rendu au milieu de la phase d’expérimentation du prototype. L’application a été créée avec une dizaine de langues disponibles. Je l’ai testé à petites échelles pendant 1 an et là j’ai lancé le déploiement à l’échelle de tout un CHU pendant plusieurs mois. Les premiers résultats sont prometteurs.
J’ambitionne ensuite de commercialiser ma solution à plusieurs CHU et de présenter ma solution dans des congrès ou formations de sages-femmes et gynécologues.
Le plus grand défi a été de conjugué la création de l’outil, mes études et mes enfants. Je n’ai pas pu avancer aussi vite que je le voulais.
L’intégration de l’IA et du numérique n’a pas non plus été simple dans un univers médical. Les habitudes des soignants ont dû être bousculées pour utiliser des tablettes dans les chambres des patients.
Ma plus grande fierté a été d’oser me lancer dans l’entreprenariat pendant mes études de sage-femme. Ca aurait été la solution de facilité de mettre des projets comme le mien de côté pour ne faire qu’une chose à la fois, mais le risque en faisant ça est de ne plus avoir le courage de se lancer ce défi plus tard. Donc je suis fière de n’avoir pas remis à demain ce que je pouvais faire aujourd’hui.
Si tu pouvais revenir en arrière, quel conseil te donnerais-tu ?
Je me dirais de me faire davantage confiance et d’oser plus tôt prendre des initiatives. J’ai parfois attendu d’être prête à 100%, alors qu’en réalité on apprend surtout en faisant. Aujourd’hui, je prends plus facilement des initiatives et j’ose plus facilement me lancer dans l’inconnu.
Quel message aimerais-tu transmettre aux étudiantes qui hésitent à se lancer ?
J’aimerai leur dire qu’elles ont toutes leur place. Il faut se lancer (si le projet ne mets pas en péril leurs études bien sûr). Il faut juste savoir organiser son temps et ses priorités. Tous les projets méritent d’être testés. Et ces les étudiantes d’aujourd’hui qui pourront faire évoluer le monde de demain.
Mesdames, on a besoin de vous, de vos projets et de votre audace.
Je peux vous donner la citation que j’ai mise en préambule de mon mémoire de sage-femme. Il s’agit d’une citation de Nelson Mandela (qui est aussi une personne qui m’a inspiré de part son parcours et ses valeurs) : « Si vous parlez à un homme dans une langue qu’il comprend, vous parlez à sa tête. Si vous lui parlez dans sa langue, vous parlez à son cœur ».
Et à travers mon projet je veux atteindre le cœur des femmes.
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